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Publié par CAT carrefour Meylan

Cette opération, « c'est un peu un retour vers le futur ! », reconnaît Georges Plassat, le PDG de Carrefour.

Entre 2000 et 2002, après sa fusion avec Promodès, le champion européen de la distribution avait vendu toute une série d'actifs pour se désendetter, notamment les murs de nombreux centres commerciaux dans lesquels il exploite un hypermarché, en France, en Espagne et en Italie. Aujourd'hui, douze ans plus tard, le groupe s'apprête à effectuer le chemin inverse.

Associé à huit partenaires financiers, Carrefour vient de signer un protocole d'intention pour reprendre le contrôle de 127 sites qu'il avait cédés à l'époque à Klépierre, l'un des principaux gestionnaires français de centres commerciaux, ont annoncé les deux parties lundi 16 décembre. La transaction se monte à 2 milliards d'euros.

C'est Klépierre qui est à l'origine de ce spectaculaire retour à l'envoyeur. En mars 2012, Simon Property, le leader américain des centres commerciaux, est devenu le principal actionnaire du groupe français. Depuis, celui-ci a revu sa stratégie. Fini, l'immobilier de bureaux et les galeries commerciales petites ou moyennes. Désormais, la foncière veut se concentrer uniquement sur les grands centres commerciaux, surtout ceux installés « dans des régions européennes dynamiques et en croissance ».

A cette aune, les galeries achetées à Carrefour au début des années 2000 n'entraient plus vraiment dans la ligne du parti. Sur les 127 sites, 70 se trouvent en Italie et surtout en Espagne, deux des pays européens les plus frappés par la récession. Quant aux 57 centres français, ils sont essentiellement localisés dans des villes moyennes comme Montesson et Sartrouville (Yvelines), Charleville-Mézières (Ardennes) ou encore Auchy-les-Mines (Pas-de-Calais).

APPORT EN NATURE

Klépierre a donc décidé de se séparer de tout cet ensemble. Dès lors, Carrefour se retrouvait face à un dilemme : soit dépenser des milliards pour racheter lui-même les centres, soit laisser un ou plusieurs autres groupes récupérer les murs de ses magasins.

Le choix a été vite vu. « Nous ne souhaitions pas que ces actifs aillent dans d'autres mains », indique M. Plassat.

Restait à trouver l'argent. Pas question pour le groupe, en plein rétablissement après des années difficiles, de financer lui-même une acquisition aussi lourde. Depuis l'arrivée aux commandes de M. Plassat, le groupe a plutôt vendu des actifs, notamment dans les pays émergents, pour redresser ses comptes.

La solution finalement retenue permet de concilier ces contraintes. Ce n'est pas Carrefour, mais une nouvelle société créée pour l'occasion, qui va reprendre les sites mis en vente par Klépierre.

Carrefour en sera le principal actionnaire, avec 42 % des parts. Le reste sera éclaté entre huit financiers, tels que l'américain Colony Capital (l'un des grands actionnaires de Carrefour), Predica (Crédit agricole), Cardif (BNP Paribas), Axa, Sogecap (Société générale) ou encore Pimco. Aucun d'entre eux n'aura plus de 15 %, précise un proche du dossier.

« Nous aurons donc la main, tout en ne sortant qu'une centaine de millions d'euros en cash », estime-t-on chez Carrefour. Pour l'essentiel, la participation du distributeur correspondra en effet à un apport en nature : le groupe va placer dans la nouvelle structure 45 sites français dont il avait gardé le contrôle. Au total, cette entité sera donc propriétaire de 172 centres.

En outre, ne détenant que 42 % des actions, Carrefour n'aura pas à intégrer dans ses comptes toute la dette (900 millions d'euros) levée pour l'occasion. Un montage voisin de celui mis en place il y a quelques années par Casino. Le groupe a placé ses galeries marchandes dans une structure appelée Mercyalis et cotée en Bourse, dont il ne détient que 40 %.

« Posséder à la fois les murs et les hypers constitue un levier de compétitivité très fort, argumente M. Plassat. Pour nous, il est fondamental de reconstituer cet ensemble qui a été très profitable à Carrefour avant la fusion avec Promodès. »

L'étape suivante consistera à moderniser les galeries marchandes en cause, pour relancer leur fréquentation. Carrefour prévoit d'y consacrer 500 millions d'euros en cinq ans.


source le Monde

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